Sérigne M’Baye Gueye alias Disiz la Peste est né en 1978 à Amiens d’un père sénégalais et d’une mère belge. Il a commencé à rapper dans le groupe Tueur à gage, mais sa carrière a pris véritablement son envol lorsque Joey Starr, du groupe NTM, le repère. Durant sa carrière il a sorti quatre albums solo : Poisson Rouge en 2000, Jeux de Société en 2003, Les Histoires extraordinaires d’un jeune de Banlieue en 2006 et Disiz The End en 2009. La même année, il a publié un livre : Les derniers de la rue Ponty, qui raconte l’histoire d’un Français qui part au Sénégal pour se racheter… Interview.
Quels sont les rappeurs qui vous ont influencé ?
Il y a Public Ennemy, NTM, IAM, Nas, Redman, Slick Rick. Ce sont eux que j’écoutais le plus.
Que pensez-vous du hip-hop actuel ?
Le plus déroutant c’est qu’il n’y a plus d’unité, aujourd’hui le milieu hip-hop n’est plus intègre, c’est chacun pour soi et chacun de son côté. Le mouvement qui est resté le plus intègre est le graffiti et celui qui est aujourd’hui le moins intègre, c’est le rap,
Que pensez-vous des nouveaux rappeurs ?
Je ne connais pas les nouveaux rappeurs, 95% des rappeurs sont médiocres. Je ne connais que la Sexion d’assaut et je trouve qu’ils font de bonnes choses,
Que vous a apporté le hip-hop pendant votre carrière ?
Beaucoup de choses ! Il m’a apporté la confiance en moi-même, une autre vision du monde, et m’a aussi permis de remplir mon frigo.
Durant votre carrière vous avez sorti 4 albums, comptez vous faire un come back ?
Non, j’en ai définitivement fini avec le rap. J’ai sorti mon dernier album l’année dernière et je ne compte pas un refaire un autre. Si je dois en refaire un, cela sera avec quelqu’un.
En 2009, vous avez sorti votre dernier album « Disiz The End ». Pourquoi avoir décidé d’arrêter le rap alors que votre carrière marchait plutôt bien ?
Je ne me retrouvais plus dans ce milieu, la façon dont il a évolué. Cela devenait trop compliqué de rester intègre et il m’était plus difficile d’écrire des textes qui plaisent aux jeunes.
Aujourd’hui on trouve des rappeurs à chaque coin de rue. Qu’en pensez-vous ?
C’est bien et mauvais en même temps. Cela permet au rap d’avancer mais ce qui est dommage, c’est que la plupart des rappeurs sont nuls. Aujourd’hui le rap est devenu plus commercial qu’autre chose. Il a aussi perdu son sens moral. Il n’y a plus ce message qu’on veut faire passer aux jeunes. Aujourd’hui les gens font du rap pour l’argent.
Comment êtes-vous passé de rappeur à écrivain ?
J’ai toujours été tenté par la littérature, mais pendant ma carrière de rappeur il était inconcevable que je devienne écrivain. Ce n’est qu’à 27 ans que j’ai eu cette véritable ambition d’écrire un roman.
D’où vous est venue l’inspiration pour votre roman ?
De mes voyages au Sénégal, des différentes personnes qui m’entourent, des histoires que j’ai pu entendre. Cela raconte un peu de ma vie, mais ça vient aussi beaucoup de mon imagination.
Votre voyage au Sénégal est-il le protagoniste de cet ouvrage ?
Oui entre autres ! Mais je n’ai pas voyagé seulement au Sénégal j’ai également été au Mali, en Côte d’Ivoire, au Congo. J’aime voyager, et surtout en Afrique.
Un projet qui a aussi bien marché en France pourrait-il fonctionner au Sénégal ?
Oui et peut-être mieux, parce que le public au Sénégal est plus fidèle et solidaire.
Pourquoi avez vous décidé de passer le Diplôme d’accès aux études universitaires (D.A.E.U) ?
Voyant mes enfants grandir, j’ai eu peur de ne pas pouvoir les aider pour leurs devoirs. Je voulais aussi continuer mes études pour me prouver que je n’étais pas plus ignare qu’un autre, et que j’en avais les capacités !
Vous êtes apparu dans plusieurs films tels que La Chepor, Dans tes Rêves, Petit meurtre en famille, Héro Corp, … Après être devenu rappeur, puis écrivain, comptez vous devenir acteur ?
Je fais ça à l’instinct. Je ne calcule rien, je ne me dis pas : « Demain je fais ceci et après demain je ferais cela ». Je fais ce que me dit mon cœur.
Rodolphe Samby
